Recherche imprécise

26 Apr

Hans-Ulrich Bigler, directeur de l’Union suisse des arts et métiers usam

La concurrence doit en principe être saluée. Et de ce point de vue, il est réjouissant que les éditeurs se livrent une concurrence acharnée à travers les journaux du dimanche. Une concurrence qui se révèle par la chasse aux meilleurs scoops. Soit la poursuite de la nouvelle flambant neuve, à lire exclusivement le week-end et propre à susciter un niveau élevé d’indignation publique. Ce système fonctionne différemment dans le style et le ton selon le tempérament de la rédaction du dimanche, mais, au vu de leurs tirages, apparemment plutôt bien.

Lorsqu’une fois ou l’autre on ne parvient pas à dénicher la primeur tant espérée, il reste toujours la possibilité de construire une histoire accrocheuse. Tel ce qui s’est passé dans l’édition de la NZZ am Sonntag de dimanche dernier. Une fois de plus, on y remuait la thématique des rémunérations abusives et proclamait à grands titres que la majorité des chefs des entreprises cotées en bourse gagnaient plus d’un million de francs. Et de plus, la majorité des PME aussi serait de la partie. A titre de preuve était produit un tableau avec une liste de 20 entreprises, et dans un commentaire, sous le titre «Salaires des managers: les PME aussi se servent», on échauffait les émotions indignées.

Toutefois, cette apparente histoire alléchante a aussi deux revers. En examinant ladite liste de près, il ne s’agit certes que d’entreprises cotées en bourse, appelées «small-caps». Leur signe distinctif est bel et bien qu’elles sont plus petites que les grandes multinationales. Malgré cela, prévaut le constat que la question des salaires des managers a été définitivement tranchée par le souverain, avec l’acceptation de l’initiative Minder. Celle-ci concernait les firmes cotées en bourse – dont justement les «small caps». De surcroît, le Conseil fédéral a expliqué qu’il voulait rapidement créer des conditions claires avec une ordonnance d’application correspondante.

Un manque de précision dans la recherche journalistique apparaît également dans la définition des PME. Selon l’Office fédéral de la statistique, ce n’est pas la bourse qui est déterminante ici, mais les données suivantes  98% de toutes les entreprises ont moins de 50 collaborateurs et sont considérées comme petites entreprises. Le 1,7% supplémentaire emploie jusqu’à 250 personnes et fait partie de la catégorie des moyennes entreprises. Seul quelque 0,3% de toutes les entreprises tombe dans celle des grandes entreprises, dont aussi celles de la liste de la NZZ am Sonntag mentionnée plus haut.

Au vu de ces faits, il est inadmissible d’accuser les PME de rémunérations abusives. Effectivement, les patrons des PME se distinguent par le sens des réalités et de leur responsabilité envers leurs employés – justement parce qu’ils ont investi leur fortune personnelle et supportent le risque entrepreneurial avec leur propre porte-monnaie. Avec l’initiative 1:12 au contraire, on assiste à l’attaque frontale socialiste du principal avantage économique de notre pays dans la concurrence internationale. La Suisse est le pays le plus innovant du monde, en particulier parce que nous disposons d’un marché du travail flexible, qui garantit des emplois, le plein emploi et la prospérité.

La liberté présuppose la responsabilité. L’initiative socialiste veut des contrôleurs des salaires et une économie planifiée, la redistribution par l’acceptation de pertes de prospérité. A cela, il n’est qu’une réponse possible: un NON retentissant.

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