Archiv | Mai, 2013

L’arbre cache la forêt

30 Mai

Henrique Schneider, Responsable du dossier « Politique économique » à l’usam

Nous nous cachons derrière les arbres, en ignorant toutefois dans quelle forêt nous sommes. C’est ainsi que l’on peut très succinctement décrire la politique de la place financière suisse. D’ailleurs, il est déjà faux d’utiliser ce terme. En réalité, il s’agit de la place économique suisse et de la position que les PME y occupent. Mais n’allons pas trop vite: nous devons d’abord découvrir dans quelle forêt nous nous trouvons.

Ce n’est ni un secret ni une révélation : la Suisse est sur la défensive. Qu’il s’agisse de l’interdiction de l’argent cash ou de l’échange automatique d’informations, elle s’accommode facilement de ces règles financières et de bien d’autres encore et essaie seulement d’influencer les détails. On se dit probablement que le pire a pu être évité en se réfugiant derrière l’arbre. Mais l’objectif devrait être de sortir du bois. Ce qui présuppose toutefois qu’on le connaisse. Certes, le Conseil fédéral essaie sans cesse de concocter des stratégies pour la place financière. Celles-ci sont souvent, et avec raison, critiquées comme étant globales, contradictoires ou défavorables – notamment pour les PME. On se demande cependant rarement à quels problèmes ces stratégies sont censées apporter une solution.

De quoi s’agit-il en réalité ? Que la place financière suisse soit attaquée n’est pas la question, c’est un fait. La vraie question est pourquoi elle est attaquée. Lorsque de nombreux et puissants pays s’endettent, ils ont besoin d’argent pour gérer leurs engagements. Ces pays font entrer l’argent nécessaire par les impôts. Mais lorsqu’ils s’aperçoivent que leurs contribuables cherchent des alternatives, des lieux où la charge fiscale est moindre, ces pays tentent de les combattre.

Concrètement, la pression internationale ne vise pas en soi à supprimer la place financière suisse mais bien la concurrence fiscale. Il ne s’agit pas d’argent au noir, de protection des clients, voire de prévention de la criminalité. Ces arguments ne sont que les instruments d’une attaque massive contre les pays internationalement attractifs à cause d’impôts particulièrement bas. Et parce que les Etats endettés regroupés sont plus forts, ils utilisent les institutions internationales telles que l’OCDE comme cartel régulateur. Résultat : la place financière suisse étant sous pression, notre pays perd de son attractivité en comparaison internationale. Mais cela se répercute également sur notre population et nos PME. A moyen terme, la pression étrangère s’exerce aussi pour que la concurrence fiscale entre les cantons soit refrénée et la TVA augmentée. C’est cela la forêt dans laquelle nous nous trouvons.

Ce n’est qu’en connaissant la forêt que nous pourrons trouver une voie de sortie. Et celle-ci ne consiste pas à se cacher derrière les différents arbres de la place financière. La sortie passe par un positionnement réfléchi d’un pays fiscalement stable face à une ­économie  nord atlantique fortement endettée. Cette voie nécessite cependant aussi une ferme volonté et beaucoup de ténacité et de rigueur.

L’initiative populaire AVSplus ou l’art de torpiller notre système de retraites

24 Mai

Guy Parmelin, conseiller ­national UDC ⁄ VD

Augmentation linéaire de 10% de toutes les rentes AVS, coûts supplémentaires de 3,6 milliards de francs par an, soit l’équivalent de 1,1% de hausse des cotisations salariales, voilà les contours du missile que l’Union syndicale suisse (USS) vient de lancer en vue de torpiller le système suisse des trois piliers.

Car il ne faut pas s’y tromper : l’objectif est bien à terme d’affaiblir voire de tuer le 2e pilier au profit du 1er pilier et donc de déséquilibrer tout l’édifice des retraites qui a fait jusqu’ici la force de notre pays et dont la population suisse est fière à juste titre. Alors que ce système, qui a permis de diminuer drastiquement la pauvreté chez les personnes âgées, doit impérativement être réformé, afin de l’adapter aux défis colossaux que sont l’évolution démographique et les rendements financiers insuffisants, pour assurer les prestations prévues au moment de la retraite, on aurait pu attendre d’une grande centrale syndicale une approche pragmatique des problèmes identifiés en lieu et place d’une initiative qui se résume à promettre la lune, sans se préoccuper des conséquences collatérales catastrophiques qu’elle entraînerait à différents niveaux.

Car pour financer le coût pharaonique de ce projet, c’est le brouillard absolu. Puisque les auteurs de l’initiative en­visagent en vrac un éventuel impôt fédéral sur les successions, les recettes intégrales de l’impôt sur le tabac, voire une hausse des cotisations salariales. Toutes les mesures évoquées souffrent de tares rédhibitoires, indépendamment du fait que l’objectif prioritaire de ces prochaines années sera de maintenir le niveau des prestations servies.Une récente étude de l’Université de St-Gall en a chiffré les coûts à 110 milliards de francs d’ici 2030, répartis environ pour moitié à charge de l’AVS et l’autre pour  le 2e pilier ! Dans ces circonstances, prévoir une extension des prestations, ainsi que le propose l’USS, tient donc au mieux à la fois de la provocation tactique ou de l’inconscience et au pire de l’irresponsabilité.

Les sources de financement évoquées sont d’ailleurs pour le moins étonnantes : en gros, on capte des moyens financiers existants, qui sont transférés à l’AVS. Mais on se garde bien de dire que, faute de les remplacer, ce sont d’autres prestations qui devront être supprimées. Ou alors il faudra faire passer entreprises et contribuables à la caisse. C’est le fameux adage biblique « après moi le déluge » !

Rien que l’impôt fédéral sur les successions, qui fait l’objet d’une autre initiative populaire en cours de traitement, est plus qu’incertain. Premièrement il est actuellement de la compétence cantonale et dans son essence même, ce n’est pas une source de revenu régulière. En outre, il a été supprimé dans certains cantons, tout ou en partie, et le réintroduire sur le plan fédéral équivaudrait à augmenter la pression fiscale. Enfin, cumulé à l’impôt cantonal sur la fortune, cette nouvelle ponction fiscale fédérale poserait des problèmes énormes aux PME en matière de transfert d’entreprise lors de la succession.

Affecter l’impôt sur le tabac directement à l’AVS et non plus à la caisse fédérale impliquerait un abandon de certaines dépenses de la Confédération dans d’autres domaines. Car on voit mal la population accepter une hausse de l’impôt fédéral direct ou de la TVA qui remplacerait les recettes perdues. L’USS se garde donc bien de citer les secteurs dans lesquels il s’agira de couper. Il est vrai que lorsqu’il faudra imaginer un nouveau train de mesures d’économies visant des secteurs-clés de l’Etat central, tels la formation ou les infrastructures de transports publics, l’USS sera la première à protester vigoureusement.

Quant à augmenter les cotisations salariales, il faut l’oublier rapidement. Cela renchérirait considérablement le coût du travail, affaiblirait la compétitivité de nos entreprises, tout spécialement celles tournées vers l’exportation, dans un contexte déjà extrêmement difficile : des milliers de postes de travail pourraient ainsi disparaître en Suisse au profit de pays subitement devenus plus attractifs. En outre, cela aurait un effet désastreux sur le pouvoir d’achat des habitants, qui se répercuterait sur la consommation intérieure du pays. Comme autogoal, on ne peut décidément pas faire mieux.

L’USS serait bien plus inspirée, plutôt que de bercer d’illusions ses adhérents et les habitants de ce pays, de commencer à travailler sérieusement à maintenir à flot un système des trois piliers qui a fait les preuves de son efficacité. Mais qui doit impérativement s’adapter aux nouvelles donnes que sont la prolongation de la durée de vie dès l’âge de la retraite et la faiblesse persistante des rendements sur les marchés financiers.

A force de vouloir jouer à l’autruche, il arrive un moment où, avec la tête dans le sable, on risque tout simplement l’asphyxie. J’invite donc l’USS ainsi que ses relais politiques roses-verts, à respirer avant qu’il ne soit trop tard et que la santé de leurs membres ne soit irrémédiablement altérée.

Partnerschaft mit vielen Chancen

15 Mai

Von Hans-Ulrich Bigler, Direktor Schweizerischer Gewerbeverband sgv

Mehrmals war an dieser Stelle bereits die Rede von den Chancen, die ein Freihandelsabkommen zwischen China und der Schweiz vorallem auch unserer KMU-Wirtschaft eröffnet. Am vergangenen Freitag wurden die langjährigen, anspruchsvollen Verhandlungen auf technischer Ebene erfolgreich abgeschlossen. Der Schweizerische Gewerbeverband sgv erwartet nun als grösster Dachverband der Schweizer Wirtschaft einen schnellen Abschluss und die rasche Unterzeichnung des Freihandelsvertrages bereits im Juli wie vom Bundesrat angekündigt.

Aus unserer Sicht erfolgt dieser Schritt gerade zur rechten Zeit für die Schweizer KMU. China unternimmt verschiedene Anstrengungen, das wirtschaftliche Modell hin zu einer nachhaltigen Konsumökonomie zu entwickeln. Gerade Schweizer Unternehmen – und hier nicht zuletzt auch die KMU – sind in der Herstellung von Konsumgütern in Spitzenqualität und in der Entwicklung nachhaltiger Prozesse führend.

Einmal mehr muss in diesem Zusammenhang darauf hingewiesen werden, dass im sgv wichtige Exportbranchen organisiert sind. Zu denken ist hier etwa an den Mitgliederstärksten Branchenverband der Maschinen-, Elektro- und Metallindustrie Swissmechanic oder auch an die Kunststoffindustrie – beide sind heute schon rege aktiv im Export. Das gleiche gilt natürlich auch für die Schweizerische Hotellerie als Standort-gebundene Exportindustrie, um nur einige wenige zu nennen.

Proaktiv hat der sgv in den vergangenen Jahren diese Entwicklung auch innerhalb der eigenen Orga-nisation aufgenommen. Folgerichtig beinhaltet die heute vorliegende Ausgabe der Schweizerischen Gewerbezeitung China als Themenschwergewicht. Im Zentrum steht insbesondere die Nutzung unserer Informations-Drehscheibe bzw. Plattform. Mit dem seit Jahren in der Schweiz lebenden, chinesischen Unternehmer, Yuming Yang, pflegt der sgv zudem seit längerem intensive Kontakte und konnte in diverser Hinsicht auch von seinem politischen Netzwerk in China profitieren. Diese Stossrichtung wollen wir in den kommenden Monaten gezielt ausbauen. Die Unternehmerreise nach China vom kommenden Herbst ist dabei nur ein erster konkreter Schritt.

Vom Freihandelsvertrag profitiert umgekehrt aber auch die chinesische Wirtschaft, ist doch die Schweiz das einzige Land in Kontinentaleuropa, das diese enge wirtschaftliche Partnerschaft aufweist. Die Schweiz kann zur chinesischen Plattform in Europa werden, was wiederum allen Partnern zu Gute kommt. Der sgv unterstützt deshalb die Projektarbeiten eines „China Centers“ in der Neuen Börse Zürich. Damit sind alle Voraussetzungen vorhanden, die KMU Wirtschaft der Schweiz mit jenen in China zu verknüpfen und die Zusammenarbeit der beiden Volkswirtschaften zu verstärken.

Der sgv setzt sich ein für massgebliche Erleichterungen im internationalen Handel und befürwortet den Ausbau des Schweizer Netzes an Freihandelsverträgen – insbesondere in den „emerging markets“. Für die Schweizer KMU ist deshalb das Freinhandelsabkommen mit China von zentraler Bedeutung und es gilt, die daraus resultierenden Chancen strategisch zu nutzen.

Keine Aufgabe unserer Eigenständigkeit!

2 Mai

Von Hans-Ulrich Bigler, Direktor Schweizerischer Gewerbeverband sgv

Vor gut 20 Jahren gingen die politischen Wogen in unserem Lande hoch: Es wurde über den Beitritt der Schweiz zum Europäischen Wirtschaftsraum EWR abgestimmt. Der Bundesrat verstieg sich damals zur Aussage, der EWR-Beitritt sei das Trainingslager für einen späteren EU-Beitritt. Das Resultat dieses historischen Urnenganges ist bekannt, ebenso die weitere Entwicklung.

Verfolgt man die aktuelle Politik des Bundesrates zur Ausgestaltung des institutionellen Verhältnisses der Schweiz zur EU, reibt man sich heute erneut verwundert die Augen. Da landen ganz zufällig «Aussprachepapiere des Bundesrates» auf den Redaktionen. Aus den Medien ist dann zu erfahren, der Favorit sei das Szenario «maximale Eigenständigkeit, wobei der Europäische Gerichtshof (EuGH) aber faktisch das letzte Wort hat» (NZZ, 16. Mai 2013). In der gleichen Zeitung doppelt der Staatssekretär am Sonntag nach und erklärt in aller Selbstverständlichkeit, es sei «logisch, dass EU-Richter bei den bilateralen Verträgen das letzte Wort haben sollen». Mit Verlaub, angesichts dieser Desinformationspolitik muss wohl eher von der maximalen Aufgabe der Eigenständigkeit unseres Landes gesprochen werden.

Stossend ist, dass angeblich geheime Berichte publiziert werden, ohne vorher auch nur im Ansatz politische Parteien, Kantone, parlamentarische Kommissionen oder Sozialpartner zu informieren. Der Spekulation ist damit Tür und Tor geöffnet, was der politischen Willensbildung angesichts dieses sensiblen Themas kaum förderlich sein dürfte.

Der Schweizerische Gewerbeverband sgv hat schon vor einem Jahr deutlich gemacht, dass er die institutionellen Fragen Schweiz–EU an Hand von vier Kriterien beurteilt:

  • Politische Souveränität: Die Schweiz muss auch in Zukunft über die nötige politische Souveränität zur Ausgestaltung wirtschaftsfreundlicher Rahmenbedingungen verfügen. In Streitfällen muss unser Land das letzte Wort haben (keine fremden Richter).
  • Autonomie: Die Gestaltung des bilateralen Weges muss für den sgv flexibel bleiben. Die automatische Übernahme des Acquis communautaire, also die automatische Weiterentwicklung im Rahmen bestehender und neuer Abkommen, ist abzulehnen. Fristen und Verfahren müssen ausschliesslich den in der schweizerischen Rechtsordnung festgeschriebenen politischen Abläufen Rechnung tragen.
  • Rechtssicherheit: Ein institutionelles Arrangement mit der EU soll – sofern von der Ausgestaltung her überhaupt wünschenswert – ausschliesslich künftige Abkommen betreffen.
  • Referenzcharakter: Die Beurteilung eines institutionellen Mechanismus für alle zukünftigen bilateralen Abkommen muss sich an Referenzabkommen orientieren, die weitgehend beispielhaft für alle künftigen Abkommen Schweiz–EU sein können.

Inwiefern diesen formulierten Ansprüchen in den offenbar vereinbarten Institutionen-Modellen Rechnung getragen wird oder nicht, entzieht sich unseren Kenntnissen. An anderer Stelle war auch zu lesen, es werde über die Einführung der Unionsbürgerschaft für EU-Bürger in der Schweiz nachgedacht, nur um anderntags wiederum das Dementi der Bundesverwaltung zur Kenntnis zu nehmen. Festzustellen bleibt aus  der Sicht des sgv, dass kein Bedarf besteht, eine proaktive Haltung in institutionellen Fragen Schweiz–EU einzunehmen. Aus staatspolitischer Sicht stellen sich vielmehr kritische Fragen zur Gewährleistung von Rechtssicherheit für die KMU-Wirtschaft und ganz allgemein der Souveränität unseres Landes. Die Schweiz steht vor schwierigen Abstimmungen zu Personenfreizügigkeit und Bilateralen Verträgen. Bleibt zu hoffen, dass sich die Informationspolitik des Bundesrates nicht zu einem Boomerang entwickelt wie vor 20 Jahren.

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