Quel rapport entre la saucisse à rôtir et le cervelas ?

6 Sep

Hans-Ulrich Bigler, directeur de l’Union suisse des arts et métiers usam

Imaginez-vous : il est minuit. Vous vous rendez à une station-service et achetez un paquet de six boîtes de coca et quatre saucisses à rôtir. Vous voulez racheter la même chose une heure plus tard, mais – désolé – c’est impossible! À partir de 1 heure du matin, vous pouvez tout au plus acheter des cervelas, mais pas les saucisses qui se trouvent juste à côté, et qui sont d’ailleurs recouvertes d’une bâche! Vous pouvez également acheter 6 boîtes de coca séparément les unes des autres, mais pas un paquet de six. À 5 heures du matin, même topo! À 5 heures moins le quart, vous pouvez acheter autant de croissants ou de petits pains que vous le désirez. Mais du pain, pas question! On ne peut le vendre qu’à partir de 5 heures. Invraisemblable? Oui! Loufoque? À coup sûr !

Que la station-service reste ouverte toute la nuit, cela va de soi. Tout comme le fait que le vendeur ou la caissière puissent travailler toute la nuit s’ils le veulent bien. Entre 1 heure et 5 heures du matin, le travail, au shop, est exactement le même, sauf qu’il n’est pas permis de proposer aux clients la totalité de l’assortiment. Durant cette période de quatre heures, on n’a le droit de vendre que ce qui peut être consommé tout de suite. Un cervelas, on peut le manger sur place; une saucisse, il faut d’abord la rôtir. Un petit pain peut être consommé immédiatement ; une miche de pain, non (mais pourquoi au juste ?). Et selon la même logique, on pourrait boire tout de suite le contenu de 6 boîtes de coca, mais pas d’un six-pack …

Si nous sommes appelés aux urnes pour la modification de la loi sur le travail dans le domaine des stations-service, il ne s’agit en fait ni de travail ni de propagande pour la libéralisation des heures d’ouverture, mais uniquement de permettre à 24  stations-service de proposer aux consommateurs l’ensemble de leur assortiment 24 heures sur 24.

Oui à la révision partielle de la loi sur le travail! Voir www.loi-sur-le-travail-oui.ch

Oui à la révision partielle de la loi sur le travail! Voir http://www.loi-sur-le-travail-oui.ch

Pourquoi l’Union suisse des arts et métiers usam dit-elle oui à cette modification de la loi sur le travail et combat-elle le référendum des syndicats? Tout simplement parce qu’en l’occurrence le oui correspond à notre constante stratégie, qui consiste à réduire le coût des réglementations. L’usam lutte pour l’abolition de l’évidente tracasserie que constitue l’obligation de recouvrir d’une bâche certaines parties de l’assortiment, car il s’agit d’un rajout réglementaire qui coûte cher et n’est utile à personne.

Par ailleurs, l’obligation de recouvrir une partie de l’assortiment est si grotesque que les promoteurs du oui ont décidé de tabler sur cette évidente absurdité de la loi actuelle pour concevoir leur campagne d’affiches, en adoptant le slogan: oui à la légalisation des saucisses à rôtir.

Que l’on ne puisse vendre de saucisse à rôtir entre 1 heure et 5 heures du matin dans un commerce ouvert toute la nuit et où de toute manière les employés travaillent, voilà qui prouve le ridicule de la réglementation actuelle! C’est comme si l’on faisait la promotion des cervelas tout en interdisant la saucisse à rôtir … Cela n’a rien à voir ni avec le travail ni avec les heures d’ouverture des magasins.

En conclusion, disons oui à la modification de la loi sur le travail! Grillons des cervelas, mais légalisons les saucisses à rôtir !

Pour en savoir plus: www.loi-sur-le-travail.ch

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