L’étiquette de prix de l’initiative „Sortir du nucléaire“: c’est cher payer

14 Nov

Jean-François Rime, président de l’Union suisse des arts et métiers usam, chef d’entreprise et conseiller national UDC FR

Quel prix est inscrit sur l’étiquette de l’initiative „Sortir du nucléaire“? Les auteurs de l’initiative préfèrent se taire sur cette question. La chose est pourtant claire: c’est cher.

Sur ce préambule, je vous souhaite la bienvenue à la conférence de presse de l’économie contre l’ini-tiative „Sortir du nucléaire“. Le rejet de l’initiative se justifie par de nombreuses raisons que le Conseil fédéral et le comité interpartis ont déjà présentées lors de leurs propres conférences de presse. La question particulière qui n’a pas encore été suffisamment abordée: combien en coûtera-t-il à notre économie de sortir du nucléaire avec une telle précipitation.

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Les prix de l’électricité, partout en Europe, sont actuellement très bas. Tellement bas que certaines centrales électriques doivent vendre à des prix inférieurs aux coûts de production, car la quasi-totalité des sources énergétiques sont subventionnées. Le fait que les prix de l’électricité sont actuellement très bas ne signifie pas qu’ils le resteront toujours. À titre de comparaison: il y a seulement cinq ans, l’électricité était beaucoup plus chère qu’aujourd’hui. Et en 2012, on supposait encore que l’énergie resterait „éternellement“ chère. Quelle conclusion pouvons-nous tirer de ce passé très proche? C’est bien clair: les prix peuvent augmenter très rapidement et c’est précisément ce qui va se passer.

La structure des prix est très fortement tributaire des facteurs suivants:

  • Premièrement, les coûts de production. Dans le mix de production actuel, l’énergie nucléaire, qui coûte environ 4,5 centimes par kW/h, est la source énergétique la plus avantageuse. Et cette source énergétique, nous voulons tout à coup nous en priver et, à la place, investir dans l’importation d’électricité d’origine thermique, dont la valeur de revient s’élève à près de 10 centimes par kW/h.
  • Deuxièmement, l’électricité doit, à l’avenant, être acheminée. Pour cela, des réseaux sont nécessaires. Or, les réseaux d’électricité entraînent des coûts. À l’heure actuelle, ces coûts ne dépendent pas des technologies, c.-à-d. qu’ils ne varient pas en fonction de la façon dont l’électricité est produite. Mais ils vont considérablement augmenter à l’avenir. Car la Suisse veut décentraliser son approvisionnement. À cet effet, nous aurons besoin d’un réseau également décentralisé. Ces investissements vont inévitablement se traduire par une augmentation des coûts du réseau dans la facture d’électricité, mais qui doit s’inscrire dans un plan d’investissement et d’amortissement à long terme. En agissant à la va-vite, les auteurs de l’initiative vont surcharger le réseau suisse. Cela ne conduira pas seulement à des pannes ou à des blackout, mais également à une flambée des coûts du réseau. Ce qui est prévu dans le plan à long terme devrait être expédié en cinq ans. La précipitation n’a jamais été une bonne conseillère pour les plans d’investissement.
  • Troisièmement, il y a le facteur pénurie. Si la Suisse perd, du jour au lendemain, 40% de sa production électrique, il faudra bien qu’elle comble cette lacune. Comment est-ce qu’elle va s’y prendre? De toute évidence, on importera de l’électricité d’origine thermique produite en Allemagne. Pourtant, l’électricité produite par des centrales à charbon coûte plus de 20 centimes, avant même d’être disponible sur le réseau suisse. Car elle doit non seulement être produite mais également acheminée, et traverser la frontière. Ce sont là des facteurs de coûts. À l’heure actuelle, on pourrait acheter cette électricité à meilleur prix sur les marchés boursiers. Or, si l’électricité suisse se raréfie, les fournisseurs allemands chercheront à tirer profit de cette pénurie. Plus concrètement, cela signifie qu’ils ap-pliqueront le „juste“ prix de leur électricité. Et comme la Suisse se trouvera en situation de pénurie, elle n’hésitera pas à payer la „surtaxe“.

Il existe toutefois une autre forme de pénurie. À moyen terme, l’Allemagne sera également amenée à réduire sa production d’électricité. Si l’UE prend au sérieux ses lois environnementales, il n’est plus possible d’exploiter les centrales à charbon d’ancienne génération. En clair, si l’Allemagne ferme cer-taines de ses centrales à charbon, notre voisin septentrional se trouvera lui aussi en situation de pénurie. Or, les prix de l’électricité prendront aussitôt l’ascenseur. Les „cagoulés de l’anti-nucléaire“ ne vous expliqueront jamais ces liens d’interdépendance.

L’étiquette de prix de l’initiative „Sortir du nucléaire“ est désormais affichée sur l’article. En cas d’acceptation, nous verrons flamber les prix de l’électricité. L’adaptation forcée de la technologie de production se traduira par un renchérissement de l’électricité. La surexploitation du réseau, de même. Et une situation de pénurie, a fortiori ! Dans le meilleur des cas, tous ces facteurs amèneront le prix actuel de l’électricité à doubler. Le cas échéant, des entreprises devront mettre la clé sous la porte, ce qui entraînera des pertes d’emplois et réduira encore le pouvoir d’achat des familles. Autant de raisons pour lesquelles il faut rejeter le gouffre financier que représente l’initiative „Sortir du nucléaire“.

LIEN
www.sortieprecipitee-non.ch

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