Sortie du nucléaire précipitée : Un activisme idéologique à hauts risques

23 Nov

Frank R. Ruepp, président de la direction du groupe vonRoll infratec et président du Groupement d’intérêt des industries à consommation intensive en énergie (IGEB)

L’initiative des Verts, „Sortir du nucléaire“, vise l’arrêt prématuré des centrales nucléaires suisses, dont trois devraient fermer déjà en 2017. Cette initiative purement idéologique met gravement en danger la sécurité de l’approvisionnement de la Suisse et risque, à l’avenir, de faire exploser les coûts de l’électricité.

Pour les industries à consommation intensive en énergie et pour le marché du travail suisse, la sécurité de l’approvisionnement et les coûts de l’énergie jouent un rôle capital. Dans les entreprises qui produisent 24 heures sur 24 et sept jours sur sept, l’électricité, en tant que facteur de production, doit non seulement rester disponible de façon permanente mais ceci à des prix concurrentiels par rapport à l’étranger. Un arrêt prématuré des centrales nucléaires conduirait à une réduction de capacité de l’énergie en ruban et compromettrait ainsi lourdement la sécurité de l’approvisionnement. La Suisse serait alors encore plus fortement tributaire des importations d’électricité, et notamment des capacités limitées du réseau à notre frontière Nord.

Pour les industries à forte consommation d'énergie et pour la place industrielle suisse, la sécurité de l'approvisionnement et les coûts de l'énergie jouent un rôle capital. L’électricité doit être disponible 24h sur 24, 7 jours sur 7, et ce à des prix concurrentiels sur le plan international.

Pour les industries à forte consommation d’énergie et pour la place industrielle suisse, la sécurité de l’approvisionnement et les coûts de l’énergie jouent un rôle capital. L’électricité doit être disponible 24h sur 24, 7 jours sur 7, et ce à des prix concurrentiels sur le plan international.

Les prix de l’électricité pourraient augmenter dans une mesure considé­rable, ce qui aurait des effets désastreux pour les industries de base – leurs processus reposant sur une consommation intensive d’énergie – affecterait lourdement leur compétitivité, et compromettrait ainsi des emplois. Pour un ménage privé, une hausse du prix de l’électricité de 1 ct./kWh entraînerait des coûts supplémentaires de seulement 45 francs par an tandis qu’il en coûterait plusieurs millions de francs pour une entreprise à consommation intensive en énergie; or, dans cet environnement économique, ces surcoûts ne pourraient ni être amortis ni répercutés sur le marché. De surcroît, ils n’affecteraient que la Suisse et non pas les pays voisins.

Pour les secteurs à consommation intensive en énergie, une acceptation de l’initiative „Sortir du nucléaire“ serait particulièrement lourde de consé­quences et conduirait notamment à des délocalisations et des réductions d’effectifs. À l’heure actuelle, les secteurs axés sur l’exportation, particu­lière­ment pressés par la force du franc, s’astreignent déjà à des mesures d’économies extrêmement strictes pour pouvoir rester concurrentiels sur le marché international. Si nous faisons délibérément supporter à ces secteurs une nouvelle hausse des coûts, sous l’effet d’une explosion des prix de l’énergie, de nombreuses sociétés s’en trouveront menacées dans leur existence.

L’étranger nous envie pour notre production d’électricité d’origine nucléaire et hydraulique, qui n’entraîne presque aucune émission de CO2. Cette situation extrêmement favorable se trouverait fortement détériorée par le fait d’arrêter prématurément les centrales nucléaires et d’importer de l’électricité de l’étranger. Sur le plan de la politique environnementale et climatique, les auteurs de l’initiative font fausse route : ils réduisent à néant d’importants efforts dont les succès sont mesurables, en matière de réduction des émissions de CO2, de la part des entreprises à consommation intensive en énergie. Une part supplémentaire de l’électricité qui viendrait à nous manquer devrait être importée des centrales nucléaires françaises, dont une soixantaine sont connectées au réseau. Rien ne constitue un meilleur exemple de la politique de l’autruche : fermer les centrales nucléaires en Suisse pour ensuite importer l’électricité des centrales nucléaires françaises !

Gonflée d’idéologie, l’initiative des Verts est trop extrême. Elle est néfaste, aussi bien en termes de politique environnementale et climatique que pour le marché du travail suisse. Il convient de la rejeter.

LIEN
www.sortieprecipitee-non.ch

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